Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 16:37

Chapitre 20

 

 



Luigi releva légèrement la tête, pupilles fendues et canines anormalement allongées.
- Ils arrivent.
Sa remarque était inutile, il le savait. Sa compagne avait déjà desserré son étreinte et fixait l'horizon, sur le qui-vive, son regard muté froid et hautain, fidèle à elle-même. Pourtant, ses doigts fins gantés de cuir noir serraient les siens avec force. Il inspira profondément, refoulant l'angoisse qui rongeait son cœur. Kayla était forte de cinq siècles d'expérience. Pourtant, cela ne suffirait pas, ils le pressentaient tous deux. Alors pour sauver sa vie, il rejetterait toute pitié, et laisserait ses instincts de Vampire si longtemps haïs contrôler ses pulsions et ses mouvements. Oui, il avait toujours cherché à épargner la race humaine. Avant. Désormais, c’était elle qui passait avant tout.
Baissant les yeux vers la jeune femme, il rencontra son regard translucide. La prise autour de sa main se fit plus forte et ses mâchoires se serrèrent.
- Ne me regarde pas ainsi, Kayla.
Un sourire amer se dessina sur les lèvres parfaites de son amour, il ne put retenir une pulsion soudaine et la serra dans ses bras avec une force désespérée.
- Ne me dis pas adieu avant même le début de la bataille.
Il sentit ses bras s'enrouler autour de son cou et lui rendre son étreinte angoissée.
- Fais-moi confiance, mon amour…
Kayla avait la gorge nouée et fut bien incapable de répondre à cette supplique. Elle inspira une bouffée de son odeur, embrassa son cou, son menton, ses lèvres. Non, elle ne voulait pas mourir, pas aujourd'hui, pas comme ça. Elle ne voulait pas le quitter. Elle voulait l'éternité, et lui à ses côtés. Quelle ironie... Tout avait changé si vite, mais que pouvait-elle regretter ? Alors, malgré tout, elle acquiesça lentement.
- Sauve-moi.
Ses mots... Ces mots dans sa bouche, sa voix mélodieuse et impérieuse, à cet instant si étrangement inégale, son visage adoré... Alex caressa tendrement sa joue. Cela ne pouvait finir ici. Réunis, ils étaient invincibles, immortels. Quelle force pourrait prétendre les séparer ? Ils étaient nés pour se retrouver, pour s'aimer, et demeurer ensemble pour l'éternité.
- Ils sont là.
Oui, c'était l'heure. Il songea brièvement à Raphaël, espérant qu'il ne lui soit rien arrivé. Au prix d'un effort inconsidéré, il s'écarta de Kayla, et ce fut elle qui leva les yeux la première.
Un sourire désabusé étira les lèvres du jeune homme. Qui, parmi ces humains se déployant avec une lenteur macabre dans la plaine face à eux, aurait pu seulement imaginer les quelques instants qui venaient de s'écouler, lorsque le regard terrifiant de la jeune femme les transperça ? Que voyaient-ils, hormis deux créatures à la beauté irréelle et au charisme morbide et puissant qu'ils dégageaient ? Non, ils n'avaient aucune idée de cet amour qui les liait, et qui allait tous les exterminer.
Et lui, ce vieil homme en costume blanc qui souriait comme un dément, qui voyait déjà sa victoire, entouré d'une demie douzaine de soldats armés jusqu'aux dents, il lui réservait la fin la plus horrible de tous.
- Quel déplaisir de vous revoir, Monsieur, décréta soudain Kayla, sa voix claire ayant retrouvé sa pleine assurance. Cela fait un moment que nos routes ne s'étaient pas croisées. Avez-vous rencontré quelques difficultés à nous traquer… ?
Ils virent avec délectation le regard de leur ennemi se faire noir.
- J'admets vous avoir sous-estimés, femme, mais qu'importe, puisque la finalité reste la-même.
En tant normal, Alex se serait allègrement moqué de la jeune femme pour s'être fait appeler « femme » par un vieux croulant. Mais l'heure n'était plus aux plaisanteries.
- Vous avez raison, Monsieur.
C'était la première fois qu'il lui adressait la parole. Lorsque le vieil homme se tourna vers lui, vaguement intrigué, un sourire machiavélique se dessina sur ses lèvres.
- Vous allez tous périr ici même.
Un frisson inconscient parcourut la masse face à eux.
- Tu devrais faire ça plus souvent, mon biquet, tu es absolument terrifiant.
Les deux Vampires échangèrent un regard complice. Impulsive, impatiente, fidèle à elle-même, Kayla lui sourit une dernière fois et bondit.

La femme s'était élancée, si vive que les premiers soldats qu'elle égorgea ne se rendirent même pas compte qu'elle avait bougé.
- Allez-y, ordonna monsieur d'une voix calme.
Le soldat à ses côtés beugla un ordre et la plaine s'emplit d'un bruit assourdissant, des centaines de douilles vides souillant la terre un peu plus chaque seconde. Monsieur ne craignait rien. Pas encore. Éloigné de la zone du combat et confortablement installé dans une jeep de l'armée, il attendait son heure. Tout allait se jouer lorsque les deux Vampires auraient fini de faire le ménage parmi les soldats massés dans la plaine, et seraient alors en mesure de s'approcher de son périmètre de sécurité. Il serait alors temps d'utiliser le sérum si durement acquis afin de mettre fin à l'existence de cette Race contre nature. Bien sûr, la grande partie des soldats mobilisés allait mourir, mais la cause en valait la peine.
En observant le massacre qui commençait sous ses yeux, Monsieur serra instinctivement son revolver chargé contre lui. Kayla... La superbe démone, vive, souple, mortellement précise, était terrifiante. Mais l'homme à ses côtés... Ses mâchoires se crispèrent. Il n'avait pas prévu cela. Il n'avait pas envisagé un seul instant qu'il puisse exister un être plus dangereux que Kayla, et pourtant.... Force, vitesse, fluidité, précision... Il lui était supérieur en tout point de vue, majestueusement inhumain, absolument monstrueux. Et tandis qu'il les observait couler entre les balles avec une aisance surnaturelle, une peur insidieuse s'emparait de lui avec une sadique lenteur.

Le soldat s'écoula mollement lorsqu'il lui brisa les cervicales. Se protégeant d'une salve de coups de feu à l'aide du cadavre, Alex le jeta ensuite sur ses agresseurs, conscient de la répugnance de son geste. Profitant du répit que lui offrait son acte, il se faufila entre les humains choqués et plongea dans le vide. Ses mains trouvèrent aisément des prises sur la roche et il se glissa en souplesse dans une large fissure courant le long de la falaise sur une trentaine de mètres. L'espace était tout juste suffisant pour qu'il puisse y tenir allongé. A cet instant, les soldats devaient contempler la vingtaine de mètres de vide surplombant la mer agitée, ahuris.
- Ça va ?, chuchota-t-il.
Kayla, qui se tenait à quelques centimètres de lui, grommela et lui montra quelques éraflures de moindre importance.
- Ça va. Il m'est difficile de passer à travers le feu des balles sans me faire toucher.
Il sourit tristement et se pencha vers elle pour l'embrasser. Lui n'avait rien, et faisait de gros efforts pour ne pas sans cesse faire attention à elle pendant combat.
- Ils doivent commencer à flipper, là-haut, murmura-t-il contre ses lèvres.
La jeune femme sourit et approfondit leur baiser. Plus tôt dans la journée, ils avaient parcouru les lieux, s'appropriant le terrain et cherchaient tout élément de leur environnement qui pourrait leur servir. Cette crevasse leur offrait quelques instants de répit non négligeables, puisque leur adversaire semblait avoir déployé des moyens titanesques, tant en hommes qu'en armement.
D'un commun accord, ils se séparèrent, et après un dernier regard, s'éloignèrent chacun de leur côté.
- Fais attention à toi.
Kayla ne tourna pas la tête, se contenta d'un vague signe de main. Il sourit.

Le silence qui s'était abattu sur les lieux était pesant. Dans leurs oreilles résonnaient encore le raffut des coups de feu.
- Où sont-ils passés, bon sang...
Monsieur gardait le silence, laissant les haut gradés autour de lui s'agiter, caressant distraitement la crosse de son arme. Les soldats en contre bas étaient à cran, déambulant entre les cadavres de leurs camarades, sursautant au moindre son, craignant l'instant où les deux monstres réapparaitraient.
- Bordel !
« Enfin les revoilà » songea le vieil homme. Ils avaient surgi du vide chacun de leur côté, profitant de la surprise des soldats pour en faucher une dizaine avant que le moindre coup de feu ne retentisse. Lentement, inéluctablement, les centaines d'hommes déployés tombaient sous les coups mortels, comme des vulgaires poupées de chiffon. Tous faisaient pourtant partie de l'élite, et n'arrivaient à provoquer aucun dommage conséquent à l'une ou l'autre des créatures. Pire, elles ne semblaient même pas être affectées d'une quelconque manière, comme si tout cela n'étaient pour elle qu'un jeu morbide.
Heureusement pour Monsieur, il était un homme prudent. Lorsqu'il avait réussi à coincer Kayla, elle était affaiblie par le manque de nourriture. Aujourd'hui, elle était en pleine
possession de ses moyens. Et même si son compagnon était encore plus dangereux qu'elle, il avait remué ciel et terre pour obtenir des moyens titanesques afin de parer à toute éventualité mal venue. Et en voyant le lugubre spectacle qui s'étalait sous ses yeux, il ne pouvait que s'en féliciter.

Les apparences étaient trompeuses. Kayla sentait la fatigue la gagner. Voilà une heure qu'elle courrait, bondissait, frappait sans s'arrêter, si ce n'était le court instant de répit dans la crevasse. Cela avait été bénéfique, les Vampires récupérant à une vitesse incroyable, mais il devenait urgent que ce petit prélude se termine rapidement. Car il ne faisait aucun doute que c'était cela : une mise en bouche, un petit entrainement visant à les épuiser pour qu'ils ne puissent se défendre aussi efficacement contre la plus redoutable des armes humaines. Une douleur lui traversa le ventre. Touchée à bout portant. Elle fit signe à Luigi que ce n'était rien. Le soldat fautif écarquilla les yeux de terreur lorsqu'elle lui sauta sauvagement à la gorge, grognant de fureur. Spectaculairement inutile, totalement libérateur et purement morbide. Essuyant le sang frais coulant le long de ses lèvres, elle expédia le corps agonisant sur ses collègues d'un coup de pied puissant, après s'être emparé d'un fusil mitraillette à la taille absolument ahurissante. Tout sembla se figer autour d'elle. Une dizaine de soldats encore debout la regardaient avec des yeux ronds. Elle les regardait, une moue hautaine plaquée sur le visage. Ils se regardèrent. Et lorsqu'enfin, un des hommes eut l'air de se réveiller et d'amorcer un geste pour tirer, ils étaient tous mort - ou presque. La jeune femme appuya l'arme sur son épaule et sourit, satisfaite.
- Gamine.
- La ferme.
Luigi haussa les épaules en ricanant. Le silence était revenu, et l'odeur du sang et de la mort empestait l'air.
- Les choses stupides commencent, pas vrai ?, chuchota le jeune homme.
- Pourquoi tu parles tout bas ?
Ils se sourirent, se remémorant une scène leur semblant si lointaine.
Oui, les choses sérieuses commençaient. Certes, le nombre de leurs adversaires avait sérieusement diminué, mais ceux qui restaient disposaient d'armes bien plus redoutables, dont ils ignoraient les véritables effets. La fatigue avait déjà atteint Kayla, et lui-même n'allait pas tarder à en ressentir les effets. Plus le combat s'éternisait, plus le danger était grand. C'était une situation assez pénible, surtout lorsqu'on est habitué à être au sommet de la chaine alimentaire. Il leur fallait donc agir intelligemment et élaborer une stratégie afin de contrecarrer les plans humains.
- Ravale ton sourire, connard...
- Kayla, NON !
La main d'Alex se referma dans le vide. Que disait-il, déjà ?

Le vieil homme se redressa d'un bond, ayant senti plus qu'aperçu le regard chargé d'une haine glaciale le foudroyer.
- A TERRE !
Avant qu'un des militaires ne se précipite sur lui et le plaque au sol, il entraperçut son regard trop clair aux pupilles allongées et le canon de son arme braqué sur lui. La rafale de coups de feu balaya le véhicule et le corps le protégeant se raidit avant de se relâcher. Dans l'agitation générale, il se redressa sans un regard pour son défunt sauveur, ivre de rage.
- ALLEZ-Y ! FEU ! ABATTEZ LA !

Alex jura et se précipita vers la jeune femme, qui avait battu en retraite.
- Arrête de te la jouer, tu veux, grommela-t-il.
Elle lui balança un sourire moqueur.
- Tu es juste jaloux de ne pas posséder ma classe naturelle.
Il leva les yeux au ciel et lui effleura brièvement le visage du bout des doigts avant qu'ils ne se précipitent de nouveau dans le combat.
Kayla bondit et un coup de point puissant projeta un soldat à un dizaine de mètres, brisant les os de sa cage thoracique dans un craquement effrayant. Se sentant revigorée, animée d'une volonté nouvelle, elle s'élança au milieu des balles. L'enjeu n'était plus le même. Il fallait tous les tuer, et vite. Elle ne connaissait pas les effets de ces fameuses balles anti-vampire, mais cela ne la chagrinait pas plus que cela, et elle tenait à éviter l'expérience. Prenant une nouvelle fois son élan, elle sauta sur le dos d'un soldat, lui brisa le cou d'un geste sec et roula au sol, son arme dans la main, balayant les environs d'une rafale avant de reprendre sa course.
- Mon doudou en sucre !
Le jeune soldat face à elle la regarda, si dubitatif qu'il en oublia de tirer. Un feulement jailli de sa gorge et elle abattit la crosse de son arme sur son crâne, avant de se retourner, furieuse.
- Chérie, calme toi, le rouge ne te vas pas au teint.
S'ils n'avaient pas été en danger de mort, elle lui aurait arraché les yeux et s'en serrait servi pour étouffer le connard en costard blanc. Mais ils luttaient pour leur survie, et les piques du jeune homme dédramatisaient la situation.
- Ils ont sorti l'artillerie très très lourde, mon aimée.
Grommelant pour la forme, la jeune femme releva la tête. Monsieur n'avait pas plaisanté lorsqu'il avait dit être à la tête d'une organisation mondiale. Il ne manquait plus que quelques avions pour pilonner la plaine et ils se seraient cru en pleine guerre mondiale. Fini, les petits fusils mitraillettes, ils avaient pointé sur eux des calibres bien plus gros.
Au final, cela revenait au même. Plus destructeurs, mais moins maniables.
- Je propose de faire ça vite et bien. Je préfère tout de même briser des os humains que me battre contre des machines...
Luigi eut un rire bref.
- Ah, mon amour, si tu n'étais pas si morbide, pourrais-je seulement t'aimer...
Elle esquissa un sourire avant de se précipiter dans le tas, comme à son habitude. Il prit la direction opposée. Évitant avec une aisance écœurante les balles, il se glissa derrière le soldat, l'envoya valser sur ses collègues et prit possession de sa mitrailleuse lourde. Il se délecta un instant des regards paniqués avant de faire feu. Lorsqu'il eut vidé le chargeur; il sourit, comprenant mieux l'engouement de sa compagne pour les armes humaines. Il avait vraiment besoin de repos.
- Et qui a dit que j'étais une gamine, déjà ?
Il lui adressa un grand sourire avant de recharger l'arme, tandis que la jeune femme disparaissait de nouveau. Pour un peu, il se serait amusé.
Kayla était en nage. Son corps la brûlait. Elle ne souffrait d'aucune blessure grave, mais de nombreuses balles anti-vampire lui avaient entaillé la peau. Ces saloperies étaient vraiment efficaces. Si l'une d'elle la transperçait, c'était fini. Elle était affaiblie par le combat et perdait trop de sang.
Elle était trop près du but pour mourir maintenant. Ils avaient gagné, les humains étaient tombés. Relevant la tête, elle croisa le regard de son ennemi. Agrandi par la colère et la peur. Un sourire mauvais illumina son visage et elle s'avança vers lui, calmement, un révolver volé à un cadavre dans les mains. Le vieil homme se leva et pointa sur elle sa propre arme. Mais éviter ses balles était un jeu d'enfant, pour elle qui arrivait à se glisser entre des rafales. Elle bougeait si vite que Monsieur avait l'impression que les balles la traversait sans qu'elle n'ait eu à bouger. La jeune femme d'un rire glacial.
- C'est fini, pourriture. Tu as failli. Les humains ont failli.
- NON !

Oh si, il avait échoué. Combien étaient-ils, face à eux deux ? Combien en restaient-ils maintenant ? Il avait vécu toute sa vie dans l'attente de cet instant. Il n'avait jamais douté de sa victoire. Alors pourquoi était-ce son arme qui était déchargée, et celle de son ennemie pointée sur lui, cette dernière rayonnante, victorieuse, ses vêtements déchirés de toutes parts et le sang coulant de ses nombreuses plaies mais plus vivante, plus Vampire que jamais ?
Elle prenait son temps, la garce. Elle approcha avec un lenteur grotesque.
- KAYLA !
Le cri de l'autre vampire lui parvint à peine. Elle non plus ne sembla pas l'entendre. Son entière attention était braquée sur lui. Il tomba à genoux. Cela ne pouvait pas être vrai. C'était impossible.
- Ne te l'avais-je pas dit, vieux fou ?, murmura la vampire, stoppant son avancé à trois pas de lui. Ton entreprise était vouée à l'échec.
- Non....
- Passe le bonjour à ta famille de ma part.
Lorsqu'il s'écroula sur le sol, une douleur insupportable transperçant son torse et se propagea dans tout son corps, des centaines de cadavres s'offraient à ses yeux mourants. Tout cela.... pour rien ?
Il tourna la tête vers son ennemie de toujours. Ses pupilles avaient repris forme humaine, mais étaient à présent vides de la délectation qu‘il y avait lu quelques secondes plus tôt. Lorsqu'elle vacilla, il se rendit alors compte que le sang qui coulait de ses lèvres en sillons vermeille dans son cou livide n'était pas celui d'une de ses victimes. Lorsqu’elle chuta et que son compagnon la rattrapa dans ses bras puissants, il aperçut la blessure béante qui déchirait sa poitrine.

Par Xylo & Dracula - Publié dans : Immortels : les chapitres
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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 12:15

Salut à touuuuuuuuuuuuuuuuus !!!

Ahem... Presque un an, hein... ?
On a sûrement perdu quelques-uns d'entre vous en chemin... (on a perdu notre design en tout cas XD)

C'est triste... On a plus vraiment le temps l'une comme l'autre de se replonger dans Immortels, mais... Great News !

L'Ange sy met ! (s'cuse si je brûle les étapes mein Engel ^^')

Alors le chapitre 20 arrivera bientôt... Maybe... ^^

Et une fois celui-ci publié, je ferais de mon mieux pour pondre un épilogue digne de ce nom et conclure ainsi cette grande aventure que fut Immortels.
Et peut-être que si nous en avons le courage et surtout la chance !, vous la retrouverez en librairie... Maybe ^^

Voilà, c'était la Démone.
Ca faisait longtemps.
Nous sommes toujours vos obligées (ouah le formalisme XD)

Bye bye <3

Par Xylo & Dracula - Publié dans : l'Ange et la Démone : messages persos
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Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /Avr /2008 23:19
Alors voilà, j'ai une question.

Une GRAAAAAAAAAAAAAANDE question, que je me pose depuis SUUUUUUUUUPER longtemps (pas tant que ça, hein)...

Dr Sadik, qui es-tu ? lol
Je veux dire, d'ordinaire, nous connaissons nos lecteurs et lectrices.
Mais vous, cher monsieur (si vous êtes bien un Monsieur ^^), vous êtes apparu ainsi, par miracle pour nous honorer de votre présence (le pire, c'est que j'exagère à peine^^)
Alors, nous vous connaissons de visu, ou bien êtes-vous un bloggeur égaré ? ^^

C'était la question à deux balles de La Démone XD

Bonne nuit à tous !


Par Xylo & Dracula - Publié dans : l'Ange et la Démone : messages persos
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Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /Avr /2008 17:46
Eh, non ! Vous ne rêvez pas !

Oui, oui, il est bien là !

Avec cinq ou six mois de retard ( au choix).

THE CHAPTER NINETEEN !! (bilingue, z'avez vu la classe ? XD)

Toutes mes excuses encore une fois.. Pour vous faire enrager (encore plus), je l'ai écrit en à peine une heure y a de cela... deux jours...
Héhé...

Oui, je vous autorise à m'ensevelir sous une montagne d'injures, elles sont sûrement méritées.

Mais je vous casserais en vous annonçant la fin imminente de cette fabuleuse histoire que fut Immortels.
Un chapitre, un épilogue et bye-bye Alex et Kayla...

Bonne fin de vacs à tous !



Avec toute mon affection,

La Démone. (ça fait plaisir de ressigner comme ça^^)
Par Xylo & Dracula - Publié dans : l'Ange et la Démone : messages persos
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Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /Avr /2008 17:43

Chapitre 19

 

La brigade se déploya silencieusement dans le couloir de l’immeuble, armée jusqu'aux dents et à l'affût du moindre son. Lorsque l’endroit leur sembla sécurisé, leur chef leva la main en guise de signal. Un vieillard vêtu d'un impeccable costume blanc sortit alors de l'ombre, gravissant lentement les dernières marches de l'escalier, le visage fermé et les yeux brillants d'une lueur malsaine.

Monsieur s’avança entre les soldats, les talons de ses chaussures vernies résonant sinistrement dans le silence prudent. S’arrêtant devant la misérable porte faisant l'objet de tant de prudence et d'efforts, il ferma son poing frêle et toqua deux fois. Il y eût un choc à l’intérieur, un juron étouffé et une voix lança :

- Qui c’est ?

- Ouvrez, s’il vous plaît, Mr. Thibault.

Des pas se rapprochèrent de la porte et la voix de Raphaël s'éleva calmement.

- Je ne vous ouvrirais pas, Monsieur. Ils sont partis. Je n’ai plus rien avoir avec cette histoire.

Monsieur serra les dents et ferma un instant les yeux, semblant contenir un accès de colère soudain et dévastateur. Cependant, lorsque sa voix s'éleva de nouveau, elle était calme et engageante. Mortelle.

- Ouvrez, Monsieur Thibault, nous devons parler.

Un ricanement leur parvint

- Je vous en prie, cessez de jouer les idiots. Vous avez déjà tué Diana, sans aucun résultat. S’ils avaient voulu me protéger, ils m’auraient pris avec eux. Allez-vous en.

Un silence pesant s'abattit sur l'immeuble. Les soldats retenaient leur souffle, certainement comme le jeune insolent derrière la porte. Mais le Démon garda son calme et demanda simplement :

- Savez-vous où ils sont allés ?

- Croyez-vous que, même si je le savais, je les vendrais aussi facilement ?

- Vous ne craignez donc pas pour votre vie, monsieur Thibault ?

- Allez-vous en.

Monsieur se détourna et reprit le chemin des escaliers d'un pas vif cette fois, faisant signe à ses hommes de le suivre.

- Mais, Monsieur…, voulut protester le chef.

- Il ne sait rien. Ne perdons pas plus de temps.

La voix était toujours aussi calme, mais l'ordre sans appel.

En bas de l’immeuble, il grimpa à l’arrière d’un Hummer militaire qui démarra en trombe, et sortit un portable de la poche intérieure de sa veste avant de le porter à son oreille.

- Oui, Monsieur ?

- Qu’est-ce que ça a donné chez Leanan ?

- Aucune trace d’une quelconque habitation depuis des semaines. Mais la femme a laissé un mot sur la porte. Nous vous l'avons déjà fait parvenir.

Les pupilles de Monsieur se rétractèrent et il serra le cuir des sièges entre ses doigts. Raccrochant, il tendit la main vers l'assistant assis près de lui. L'homme lui tendit un feuillet d'une main tremblante. Il le saisit et parcourut rapidement la gracieuse écriture calligraphiée de sa pire ennemie.

«Cherche donc, petit mortel, mais prend garde à ne pas te faire mordre. Tu as raison, j’ai sous-estimé les humains : ils sont encore plus stupides que ce que je croyais »…

Le visage vieil homme devint livide et il déglutit difficilement, froissant le papier d'un geste rageur.

- Elle se fout de moi, cette garce !

Alors qu’il fulminait, son téléphone sonna. Il décrocha et aboya :

- Qu’avez-vous, Morentini ?

- Nous les tenons, Monsieur.

Son calme revint aussitôt.

- Expliquez-vous.

- Un homme et une femme bruns aux yeux bleus ont été aperçus devant le bureau de Evreux. Ils se sont arrêtés devant la caméra de surveillance assez longtemps pour que nous puissions les identifier.

Monsieur resta interdit un instant puis un sourire mauvais étira ses lèvres.

- Envoyez vos troupes sur la base de Caen.

- A vos ordres.

La communication terminée, Monsieur apostropha son chauffeur avant de s’asseoir profondément dans son siège.

Ils prenaient la direction du Nord-Ouest. La Normandie, bien sûr. Le lieu de naissance de Kayla.

Son sourire découvrit ses dents.

- Oui, Kayla… Tu me sous-estimes…

 

Alex regarda sa montre.

- Dans combien de temps crois-tu qu’ils arriveront ?

Kayla cessa de tortiller un brin d’herbe entre ses doigts et releva la tête vers lui.

- Ils comprendront vite que nous sommes venus ici. Le temps du trajet Paris-Caen, puis le temps qu’ils trouvent notre situation exacte. D’ici quelques heures, tout au plus.

Le jeune homme soupira et se plaça face à la mer. Le vent était glacial et les embruns lui fouettaient le visage, mais peu lui importait.

D’heure en heure, il sentait que sa compagne se tendait. Si Monsieur n’arrivait pas plus rapidement, elle piquerait une crise de nerfs. Il la comprenait parfaitement. Lui-même sentait la tension courir sur sa peau. Mais contrairement à Kayla, il n’avait pas peur. En tout cas, pas pour lui-même. L’idée d’en finir une bonne fois pour toutes avec cette foutue Prophétie l’emplissait d’une certaine sérénité. Mais il craignait horriblement de ne pouvoir la protéger, elle. L’idée qu’elle soit prête à mourir aussi facilement pesait comme un poids glacé au fond de lui.

Il ferma un instant les yeux puis se tourna vers elle. Qui sait si leur amour aurait survécu plusieurs centaines d’années ? Qui sait si, après plusieurs vies passées à ses côtés, l’instinct de l’Elu, grandissant dans son cœur, ne l’aurait pas poussé à la tuer ? Ou elle, cette prédatrice, à le tuer ? Qu’adviendrait-il d’eux s’il parvenait à la protéger de la folie des mortels ? Il soupira. Peut-être que Raphaël avait raison, qu’il était plus que temps qu’au bout de plusieurs centaines d’années d’asservissement, les humains n’acceptent plus leur condition de proie. Kayla elle-même, bien qu’obnubilée par le désir d’être la Dernière, se réduisait à l’état d’animal lorsqu’elle avait faim et tuait avant tout par plaisir. Quelle ironie que lui, l’Elu, le plus puissant et normalement le plus mauvais de tous les Vampires, censé mettre fin à leur dépendance envers la Soif et affranchir sa Race du destin de l’humanité, se retrouve à tenter de protéger ces misérables mortels et à les aimer comme sa propre famille. Tout comme il se refusait à sa propre nature, mais chérissait un Vampire depuis plus de cinq cent ans.

- Qu’est-ce que tu as, Luigi ?

Alex sortit aussitôt de ses pensées. Kayla s’était levée et l’interrogeait du regard. C’est vrai qu’il la fixait depuis un bon moment… Il lui sourit.

- Je me disais que c’était étonnant qu’en quatre cent ans, tu n’aies jamais remarqué ma présence à tes côtés.

Elle fronça les sourcils.

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

Il rit

- Je t’ai suivie après Versailles, tu sais. A chaque nouvelle vie. Je restais à te regarder, de loin, et à me lamenter sur ton train de vie douteux.

Kayla resta un moment silencieuse. Quelques jours auparavant, elle aurait crié, se serait passé les nerfs sur cet insupportable idiot. Mais aujourd'hui, elle n'avait plus le temps pour ces futilités. Elle vivait ses derniers instants.

- Tu sais que ça fait limite pervers, ça…, murmura-t-elle en esquissant un sourire.

Pouvait-elle lui en vouloir de l'avoir aimée si longtemps ?

Un petit rire roula dans la gorge du jeune homme.

- Je suis dépendant de toi, que veux-tu…

- C’est pour ça que tu savais tout sur moi, fourbe…

- Mea culpa.

Il leva les yeux vers les siens et les contempla pendant quelques instants avant de souffler :

- Je veux te protéger.

La jeune femme resta immobile, ne détachant pas son regard du sien, implacable et fière.

- Je sais.

- Peux-tu me promettre de ne pas te sacrifier pour moi ?

Elle eût un sourire. Alex sentit son cœur se serrer. Il connaissait sa réponse. Il se leva et enfouit son visage dans le cou de son Amour. Des doigts fins s'agrippèrent à son manteau de cuir avec force, dans une dernière étreinte, une promesse d'adieu.

- Non.

 

 

 

- C’est ici.

Monsieur se redressa de toute sa hauteur en inspirant profondément l’air marin.

Ils étaient arrivés. Ils y étaient. Là où se déroulerait le combat qui déciderait du sort de la Race des Vampires. Les deux derniers d’entre eux mourraient, enterrant leur lignée maudite avec eux. Ou triompheraient, et ce serait alors la fin pour les hommes.

Mais Monsieur était serein. Eux détenaient l’arme la plus destructrice pour Kayla et Luigi. Qu’importe la puissance de ces deux êtres damnés, ils ne pouvaient rien face à celle des armes technologiques et scientifiques.

- Allons-y.

Suivi de son armée privée, Monsieur se mit en marche vers la plage.

Vers la Fin.

Par Xylo & Dracula - Publié dans : Immortels : les chapitres
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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /Nov /2007 16:35

Chapitre 18

 


 
Maximilien Pratt retint à grand peine un sursaut lorsque la masse de dossiers et d’objets divers s’écrasa violement sur le sol. S’il avait eu le choix, il aurait décampé depuis bien longtemps, car à cet instant, la lueur dans les yeux de ce vieil homme en costume blanc était un terrifiant mélange de démence, de haine et de colère.
Maximilien Pratt n’osait pas faire le moindre geste. Tout juste s’il osait respirer, persuadé que le moindre mouvement déchaînerait ouvertement la folie de l’homme face à lui. Cette folie qui dépassait de loin celle qu’il reprochait à leurs ennemis. Ennemis qui semblaient s’être dissimulés à quelques kilomètres du QG pendant plusieurs semaines.
La photographie du cadavre découvert quelques heures auparavant serrée dans le poing, Monsieur tremblait de rage et d’humiliation.
« Trouvez-les. »
 
 
-La chasse a commencé.
Alex passa un bras protecteur autour des épaules de la jeune femme.
- Et nous y survivrons tous les deux.
Se retournant une dernière fois vers la vieille capitale illuminée dans la nuit noire, cette ville qui les avait vu évoluer durant des siècles, ils échangèrent un regard et disparurent.
 
Alex sourit tristement et serra la jeune femme qui venait de se glisser par la fenêtre dans ses bras. Elle se laissa aussitôt aller contre lui, enfouissant son beau visage dans son cou.
- Pardonne ma faiblesse, Luigi.
Sa voix ne tremblait pas, et pourtant, le jeune homme y devina la peur. Une peur sourde et angoissante. La peur de la fin.
- Aujourd’hui ou demain, Kayla, quelle importance ?, murmura-t-il en caressant ses cheveux.
- Celle de passer quelques heures de plus avec toi.
Les mots n’avaient été que chuchoter, mais ils atteignirent le jeune homme en plein cœur. Il resserra son étreinte, assimilant et savourant lentement ces mots si rares dans la bouche de la jeune femme.
- Alors c’est fini ? Ou plutôt, ça commence ? La bataille finale pour la domination du monde ?
Le ton se voulait moqueur, mais lorsque les deux vampires se tournèrent vers Raphaël, son teint blafard et les tremblements nerveux de ses mains dévoilaient clairement son état de quasi-panique.
Ils échangèrent un bref regard. Alex se détacha de Kayla et posa une main rassurante sur l’épaule de son frère de cœur avant de disparaître dans une des chambres.
L’humain et la Vampire se dévisagèrent.
- Panique pas, moucheron. Il s ne te feront rien. Plus maintenant. Ils vont juste se précipiter à notre poursuite sans se poser de question, suivant gentiment les indices qu’on leur laissera.
- Je me fiche de ce qui pourrait m’arriver.
- Quel courage, se moqua la jeune femme.

- Alors vous vous êtes cachés si longtemps pour finalement les laisser venir jusqu'à vous ?
Elle s’assit dans un fauteuil et ferma les yeux.

- On ne te demande pas de comprendre nos choix. On te demande juste d’y croire.

- oui, c’est évidement d’une évidence notoire lorsqu’il s’agit d’aller droit à la mort !

- tu as une bien piètre opinion de nos capacités, petit mortel…rétorqua-t-elle, un sourire las aux lèvres.

- Ne t’en fais  pas pour Luigi. Il est l’Elu.
Raphaël sursauta lorsqu’elle murmura ces mots après un long silence. Elle avait deviné, une fois de plus, ce qu’il avait vraiment en tête.
- Et toi ?
Un sourire glacial qu’il ne lui avait pas vu depuis bien longtemps se dessina sur ses lèvres, mais aucun son ne les franchit.
Raphaël sentit la colère monter en lui. Il ouvrit la bouche mais le retour d’Alex l’interrompit. Le jeune homme balança un sac à sa compagne qui l’attrapa en vol, sans prendre la peine d’ouvrir les yeux pour autant et se tourna vers son ami. Il souriait. Un de ses sourires chaleureux et rassurant. Mais ça ne suffisait pas à effacer la tristesse qui se lisait dans son regard clair.
- Merci de ton aide, Raphaël. Ton amitié est l’une des plus belles choses qui me soient arrivées dans ma vie.
Le jeune homme rit.
- Mon pauvre, t’as vraiment dû souffrir !
Etreignant son ami, il murmura :
- C e n’est pas un adieu, mon pote. Je suis pas près de te laisser t’en aller, crois moi !

Il le sentit sourire. Kayla rouvrit les yeux.
- Luigi, le temps presse.
Le jeune homme hocha la tête et s’éloigna à regret de son meilleur ami. Enjambant la fenêtre, il se retourna une dernière fois avant de disparaître.
- C’est un adieu, mon frère. Car plus rien ne sera comme avant, désormais.
Kayla se leva alors et s’approcha de Raphaël, qui regardait encore où Luigi se tenait quelques secondes auparavant, hébété. Elle claqua des doigts sous son nez pour attirer son attention. Il secoua la tête et se tourna vers elle.
- Pourquoi tu te résignes à mourir ?, grogna-t-il soudain avec dureté. Je croyais que tu étais le vampire le plus puissant du monde ? Ou bien aurais-tu déformé la vérité à ton avantage ?
- Le simple fait qu’il ne reste plus que moi et Luigi confirme cette affirmation, mon cher, sourit-elle avec dédain. Mais j’ai vécu assez longtemps pour savoir quand viendra la fin. Pas d’immortalité pour moi, Raphaël. Juste un repos éternel Celui que j’ai toujours voulu.
- Mais que tu redoutes tant, puisque tu vas devoir le quitter.
Elle sourit.
Raphaël sentit un frisson secouer son corps. Car si Kayla était belle, en reine de glace, la tristesse et la mélancolie de son sourire la faisait resplendir.
- Adieu, Raphaël.
Un souffle de vent, et elle avait disparu. La dernière image qu’il emportait d’elle était la plus belle de toutes. Et lorsqu’il songea qu’il ne reverrait plus jamais ses yeux trop clairs, il ne put retenir ses larmes, trop longtemps contenues.

 
 
- Ça ne sert à rien d’aller plus loin, décréta Alex en se tournant vers Kayla.
La jeune femme hocha la tête et s’assit sur le sol humidifié par la rosée du matin. Qu’importe le nombre de kilomètres qu’ils mettraient entre eux et Monsieur, il finirait par les retrouver. Et maintenant que son arme était prête, maintenant qu’il ne restait plus qu’eux après l’assassinat d’Akhara quelques jours plus tôt, il devenait urgent d’en finir.

Monsieur n’avait jamais rien compris, au final. Ils étaient des Vampires. Une race damnée, certes, mais Ô combien supérieure aux humains. Il avait cru les manipuler, les traquer. Il avait cru mener la dance. Mais il n’avait pas compris qu’il n’était rien à côté d’eux. Et que si la fin arrivait, c’est parce qu’ils l’avaient décidé. Ils étaient désormais les derniers de leur Race. Et arrivait le temps de réaliser la Prophétie, enfin.

Ils avaient éloigné le danger de Raphaël, plus rien ne les empêchait d’engager ce dernier combat.
Alors c’est ici qu’elle allait mourir, Kayla, face à la mer déchainée, sur les falaises abruptes de Normandie. Là ou elle était née. Belle endroit pour s’endormir une dernière fois. Beauté et violence. N’était ce pas le reflet d’elle-même ?
- Tu m’as demandé pardon, tout à l’heure.
Elle sortit de sa rêverie et releva la tête, se tournant vers son compagnon.
- Tu m’as demandé pardon, alors que moi, je n’ai jamais eu le courage de le faire.
Fronçant les sourcils, elle se redressa. Il était si grave, son visage, sans ce sourire si agaçant qu’elle chérissait. Il était si grave qu’elle n’aimait pas ça du tout.
- De quoi tu…
Elle s’interrompit, le souffle coupé lorsqu’il se retrouva contre elle en un clin d’œil et la serra dans ses bras avec une force pleine de désespoir.
- Même si je ne le mérite pas, même si tu m’en voudras toujours… Pardon de t’avoir condamnée à cette vie de damnée. Mon amour, cette culpabilité ne m’a jamais quitté depuis ce jour, depuis que tu es née, depuis que je t’ai créée… Depuis que je t’ai aimée… Kayla…
Sa voix se brisa et la jeune femme tétanisée, incapable de faire un geste, sentit les larmes silencieuses de son amant rouler sur ses propres joues. Elle avait attendu, espérée toute sa vie et surtout ces dernières semaines cet instant ou il lui avouerait sa responsabilité dans sa damnation.
- Si tu savais, Luigi, comme je t’ai maudit pour avoir tué Elizabeth, comme je t’ai haï depuis ce jour…
Elle enroula avec lenteur ses bras autour des épaules du jeune homme. Elle avait attendu toute sa vie ce moment, mais aujourd’hui, sa réponse était bien différente de celle qu’elle s’était imaginée pendant des centaines d’années.
- Mais Luigi, qu’importe ce passé… Je t’ai haï pendant des siècles, mais ces dernières semaines, ces poussières de ma longue vie, je t’ai aimé de toute mon âme ravagée et de tout mon cœur si froid. Alors ne me demande pas pardon, Luigi, car tu m’as donné plus que ce qu’une humaine n’aura jamais…
Se dégageant délicatement de son étreinte désespérée, elle effaça avec douceur les larmes du visage de son amant et l’attira à elle pour poser ses lèvres sur les siennes, dans un baiser chaste mais pourtant si empli d’amour.
- Et plus jamais, je ne veux voir des larmes sur le visage de L’Elu.
- Je te protégerais, Kayla.
- On ne pourra pas survivre tous les deux.
- Et pourquoi pas… ?
Sans répondre, elle caressa la ligne de sa mâchoire, glissa sa main dans sa nuque et le regarda aussi intensément que si elle avait voulu graver son image à jamais.
Et leurs silhouettes fines enlacées, à l’aube de leur fin, ces deux immortels magnifiques d’humanité offraient au monde son plus beau spectacle.

Par Xylo & Dracula - Publié dans : Immortels : les chapitres
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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /Juil /2007 12:38


Oulalalalalalalalalala…

J’avais prévu un petit article pour le 26 juin, mais ça m’est complètement sorti de la tête… Mein gott, je suis impardonnable !

Car sachez que le 26 juin 2007, le blog et « Immortels » ont eu 2 ans !!!

Deux ans de création, de délires et de retards…

Merci d’être restés avec nous tant de temps et de rester encore !

Vous êtes le plus beau cadeau !

 

Bye.  

la Démone.


 

Je me permets de m’incruster sur l’article de la démone pour rajouter deux mots :

Excusez-moi ^^ !

Ma chère co-auteure parlait de retard, et ce chapitre 18 s’est bien fait attendre, je l’avoue !

Bien qu’il soit assez court, il est assez dense en information, et surtout annonce la Fin imminente !

Il ne vous reste plus qu’a le lire, l’apprécier je l’espère, et vous en remettre à La Démone pour le prochain chapitre^^

Merci d’être là !

 

L’Ange.

Par Xylo & Dracula - Publié dans : l'Ange et la Démone : messages persos
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Dimanche 17 juin 2007 7 17 /06 /Juin /2007 16:19

Chapitre 17

 


 
            Alex se battait vainement avec les lacets depuis cinq bonnes minutes. Foutue barrière qui résistait furieusement.
- Dis, Kayla, marmonna-t-il, T’as jamais pensé à mettre des corsets à agrafes… ?
La jeune femme releva la tête et s’écarta légèrement pour le regarder.
- C’est pour faire durer le plaisir…, souffla-t-elle avec un sourire en coin.
- Ouais, bah, là, c’est plutôt l’énervement qui l’emporte…
Elle prit ses mains et, tout en l’embrassant, finit de délacer son corset qui disparut bientôt de la zone de combat. Satisfait, le jeune homme la laissa prendre le dessus sans lâcher ses lèvres. Quelques vêtements enlevés
plus loin, il bascula pour se remettre au-dessus d’elle. Depuis leur séjour au Japon, chaque nuit, ils se retrouvaient. Loin des amours froides et impersonnelles qu’ils avaient feints tout au long de leur vie, c’était une union véritable qu’ils partageaient désormais. Une union qui ne ressemblait en rien aux préjugés sanguinaires sur les Vampires. Une union que la grande majorité des mortels ne connaissaient pas. Alex se laissait aller sous la caresse des lèvres de son amante dans son cou, ne focalisant ses pensées que sur la douce chaleur qui envahissait son corps. Mais le contact se fit soudain brutal et une douleur aigue le traversa, tandis qu’il prenait conscience des dents qui s’enfonçaient dans sa chair.
- Kayla !
La jeune femme s’écarta aussitôt et se redressa. Il passa la main sur la morsure et contempla son propre sang sur le bout de ses doigts.
- Que… ?
Le visage transformé de la brune laissa peu à peu place à une expression humaine, semblant complètement perdue. A la vue du sang du jeune homme, l’étonnement rapidement suivit par l’horreur se peignit sur son visage. Ramenant brutalement le drap à elle, elle s’enfuit vers la salle de bain.
- Hey !
Alex se leva et s’élança après elle.
- Hey !
La saisissant par le bras avant qu’elle ne s’enferme, il la força à se tourner vers lui.
- Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que tu nous fais là, s’exclama-t-il en cherchant à croiser son regard qu’elle gardait obstinément fixé vers le sol, essayant vainement de se dégager. Sentant l’agacement pointer, il la plaqua violement au mur et la força à lever les yeux.
- Tu vas te calmer, oui ?
Voyant qu’elle avait cessé de s’agiter, il soupira et relâcha légèrement sa prise.
- Pourquoi tu m’as mordu ?
Kayla détourna les yeux, les lèvres pincées et les sourcils froncés, symboles de sa propre frustration.
- Kayla…
- …Instinct primaire… ?
Alex soupira.
- Arrêtes, j’veux bien croire que je suis bon, mais sérieusement !
- Tu peux être sérieux, toi ?
- Kayla, arrête de détourner la conversation par ton sarcasme.
Exaspérée, la jeune femme le repoussa et enroula un peu plus les draps autour de son corps.
- Sérieusement ? J’ai faim. J’ai la dalle comme je ne l’ai jamais eu. Je fais tout mon possible mais ça me fait péter les plombs, Luigi. J’en suis rendue à un stade où j’arrive même plus à contrôler mes pulsions de
prédateur.
- Essaies de tenir encore un peu…
Elle claqua la langue avec impatience.
- Tu crois que je le fais exprès ? T’en es encore là ? C’est passé le temps ou je ne voulais que te crever, Luigi, navrée que tu ne l’es pas encore remarqué !
Elle s’approcha de lui et effleura du bout des doigts le sang commençant à sécher sur le torse du jeune homme.
- Regarde dans quel état je t’ai mis sans m’en rendre compte…
Alex déglutit.
- Tu me promets que c’est pas un caprice ?
Elle leva les yeux au ciel.
- Oui, tu as raison. D’ailleurs, mon humain, je le veux recouvert de miel avec une cerise confite entre les dents.
Il sourit.
- Te vexe pas. Mais tu sais à quel point c’est dangereux pour nous de sortir. Surtout si tu te laisses déconcentrer par la faim.
Elle lui jeta un regard noir.
- Je le sais très bien. Je te rappellerai tout de même que leur cible préférée, c’est moi.
Lâchant un soupir, Alex palpa délicatement la blessure heureusement superficielle marquant son cou.
- Tu pourrais pas trouver un substitut ?
-Ce sera pas suffisant ! Tu ne t’en rends pas compte ?! Je vacille quand je marche, je dois lutter pour garder les idées claires, je perds mes forces un peu plus chaque jour !
Le jeune homme ne répondit pas. Il connaissait cet état. Quand la sensation de manque prend possession du corps, que la vision se trouble et que les membres parcourus de tremblements s’alourdissent. Il soupira. Kayla serra les poings et se rassit sur le lit.
- De toute façon, c’est bientôt la fin. Alors qu’est ce que ça va changer, si elle arrive un peu plus tôt… ?
Un long silence suivit ses paroles. Alex alla la rejoindre et l’attira à lui.
- Tu veux sortir cette nuit ?
- Je n’ai plus vraiment le choix.
Il effleura sa joue.
- Sois prudente.
 
Raphaël sortait de la cuisine en baillant lorsqu’Alex pénétrait dans le salon.
- Qu’est-ce que tu fais debout à cette heure-ci ?, demanda le Vampire.
- J’arrivais pas à dormir. Et puis, j’ai entendu ta copine gueuler, alors j’me suis dit que je devais venir te soutenir psychologiquement.
Le brun eût un sourire et ils se laissèrent tomber en même temps dans le canapé. Après une bonne dizaine de minutes silencieuses, Raphaël se racla la gorge :
- Elle est sortie ?
- Manger.
- Ah.
Autre silence.
- C’est pas un peu risqué ?
-Ca l’est.
-Oh.
Un ange passa.
- Elle est bizarre ces derniers temps, tu trouves pas ?
Alex haussa un sourcil.
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Ben…
Raphaël se redressa.
- On a eu une conversation étrange hier. Pour tout te dire, j’étais bluffé.
Elle avait l’air tellement…triste…
Il étouffa un petit rire.
- Rien que d’y repenser, ça me perturbe.
Le Vampire fronça légèrement les sourcils. Kayla avait changé à son contact et celui de Raphaël, mais pas au point d’avoir des sentiments si humains. Du moins, c’et ce qu’il avait cru.
- De quoi a-t-elle parlé ?
- De Monsieur.
Raphaël se tourna vers lui.
- Elle a dit qu’elle avait peur, Alex. Qu’elle sentait la fin arriver. Qu’elle ne voulait pas. Elle voulait vivre.
Alex garda le silence un long moment. Son visage restait insondable, mais ses yeux brillaient étrangement.
- Elle se garde bien de me parler de ce genre de choses, murmura-t-il soudain.
- Toi aussi, t’as peur ?
- Non. Je ressens un malaise, mais c’est à cause de la pression. On doit certainement être deux des derniers Vampires du monde, si ce n’est les derniers. Si nous, nous y restons, c’est toute la Race qui peut s’éteindre

- Je croyais que tu t’en foutais ?
- Qu’ils s’entretuent, oui. C’était une guerre vile et stupide. Mais là, c’est différent. L’ennemi est extérieur. C’est un peu comme si les humains commençaient à se liguer contre les Vampires.
- Normal, non ?, sourit Raphaël, Vous nous bouffez depuis des siècles, il serait temps qu’on se rebelle…
- C’est ce que tu penses ?
Le jeune homme marqua une pause.
- Les autres ne sont pas comme toi, Alex. Eux, ils ne se contrôlent pas. Ce ne sont que des prédateurs. Mais je ne pense pas que ma pensée puisse être partagée par beaucoup de monde. Même toi, tu restes un Vampire qui a besoin de tuer pour vivre. Et pour tout te dire, je m’étonne parfois moi-même de ne pas être plus horrifié que ça par cette réalité.
- Oui… Tu as sans doute raison…
Ils restèrent de nouveau silencieux pendant un long moment.
- Y autre chose qui me turlupine. Quand on était sur la tombe de Diana… Elle m’a dit…Qu’elle regrettait d’être Vampire. Que sa condition la répugnait.
Raphaël passa une main distraite dans ses cheveux mi-longs.
- Alex, elle a dit que c’était de ta faute. Que c’est toi qui l’avais mordue. Et qu’elle s’était transformée, devenant la première d’une Race nouvelle, créée par l’Elu de la Prophétie.
Le Vampire soupira et tourna son regard trop clair vers son ami, un sourire aux lèvres.
- Et tu veux savoir si c’est vrai ?
-Alex, tu savais depuis longtemps que c’était toi l’Elu, hein ?
Le jeune homme ne répondit pas tout de suite, un vague sourire traînant sur ses lèvres. Il finit par lever les yeux vers son ami et dit d’un air tranquille :
- Je le savais.
- Et ce que m’a dit Kayla est la vérité.
- C’est la vérité.
- Bordel.
- En effet.
Un long silence meubla de nouveau la conversation.
- Alex ?
- Quoi ?
- Elle était comment, Kayla, lorsqu’elle était humaine ?
Le Vampire se tendit brusquement. Lorsqu’il vit son poing se serrer, Raphaël se demanda s’il n’avait pas gaffé.
- Alex, je…
- Elle riait.
Alex renversa légèrement la tête en arrière et ferma les yeux.
- Elle est née et a grandi en Angleterre., mais était venue en France pour épouser un aristocrate. Ce n’était encore qu’une adolescente, animée d’une joie de vivre éblouissante. Son visage n’avait pas encore cette perfection glaciale qu’il a aujourd’hui., mais elle était déjà magnifique. Et elle riait.
Il marqua une légère pause avant de reprendre.
- Le soir où Luigi a attaqué, elle essayait une dernière fois la robe qu’elle porterait le lendemain, lors de la cérémonie de mariage.
Il rouvrit les yeux.
- Elle était si belle, Kayla, à sa naissance, dans cette magnifique robe blanche souillée de sang. Si belle que Luigi aussi en avait mal. Aujourd’hui encore, je me maudis chaque jour de ne pas l’avoir tuée. Je me maudis d’avoir fait de sa vie un enfer éternel.
Il passa une main sur son visage et murmura :
- Je me maudis de l’aimer, puisque c’est ça qui l’a condamnée.
Raphaël déglutit.
- Tu l’aimes depuis si longtemps ?
- Depuis le premier instant.
 
 
Le corps s’affaissa doucement. Un de plus. Le souffle court, Kayla reprit  lentement son calme. Trop d’adrénaline dans son sang et dans celui de sa victime.
Voilà. Elle avait signé leur arrêt de mort. Demain, après-demain ou bien  plus tard, on signalerait ces disparitions ou les corps seraient retrouvés.
Et Monsieur saurait qu’ils étaient à Paris.
Elle se laissa glisser au sol et se prit la tête dans les mains. Elle tremblait. Pas de fatigue. Pas de froid.
Cinq cent ans de vie.
Quelques semaines qui comptaient réellement. Quelques secondes d’une vie d’humain.
Pourquoi avait-elle si peur de la fin ? Pourquoi, alors qu’elle l’espérait depuis le début ? Pourquoi sa poitrine lui faisait si mal ? A cause de lui ?
Lui… Son bourreau, son sauveur. Son amour.
Elle leva les yeux vers l’obscurité. Pour la première fois depuis ce funeste jour de pluie qui l’avait vu naître, de vraies larmes coulaient le long de ses joues
- Pardonne-moi, Luigi…



Par Xylo & Dracula - Publié dans : Immortels : les chapitres
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Samedi 7 avril 2007 6 07 /04 /Avr /2007 13:03

Chapitre 16

 

D’un pas hésitant, Raphaël se dirigea vers la cuisine, et, essayant de toutes ses forces d’arracher la totalité de son cerveau de l’épais brouillard dans lequel il pataugeait encore, ouvrit la porte du réfrigérateur. Il ne faisait définitivement pas partie de ces personnes se contentant de quelques heures de sommeil par nuit. Mettant la main sur une bouteille de lait, il referma le réfrigérateur.

 

- Bouh.

 

Un hurlement et une bouteille de lait brisée plus tard, Raphaël beugla, se tenant fermement à une chaise, les jambes flageolantes et une main sur le cœur :

 

- Mais t’es complètement malade ! Ça va pas de foutre la trouille aux gens à peine levée ?!

 

Kayla se contenta de sourire d’un air moqueur, tandis qu’Alex entrait à son tour dans la cuisine, affichant un air las.

 

- Kayla, je t’ai déjà dit d’arrêter de l’emmerder… A chaque fois, il fait un bouquant d’enfer et si ça continue, il va finir par te foutre à la porte, soupira-t-il en lui déposant un léger baiser sur le front.

 

 -La manière dont il se rince l’œil me dit le contraire…

 

Raphaël lâcha un couinement des plus virils et s’empressa de détourner le regard, ne souhaitant pas particulièrement avoir à faire avec un Vampire jaloux.

 

-Quelle idée aussi de se trimbaler en simple chemise…, grommela t-il en allant chercher une serpillière afin de minimiser les dégâts.

 

Une fois seuls, Alex sourit et glissa un bras autour de la taille de la jeune femme.

 

- Tu es vraiment cruelle.

 

- Désolée, Luigi. Mais il est vraiment amusant, ton ami.

 

- Tu devrais aller t’habiller.

 

- Vraiment ?, déclara-t-elle en haussant un sourcil, Vue la manière dont tu t’empresses de me dévêtir chaque fois que j’essaye d’enfiler un tissu quelconque, je pensais que tu préfèrerais que je limite les surplus…

 

Le jeune homme sourit.

 

- Je vois que tu penses à tout. Mais même si Raphaël est mon meilleur ami, je ne suis pas du genre à te partager…

 

- Ne t’en fais pas pour ça. Même si cela arrivait, il ne tiendrait certainement pas la route… Il est loin d’avoir ton endurance.

 

- ALLEZ PARLER DE VOS COCHONNERIES AILLEURS, MERDE !

 

Les deux Vampires ricanèrent. Et ça durait depuis trois jours…

 

                                                                 

 



 

- Toujours aucune trace d’eux ?

 

- Pas la moindre, Monsieur.

 

Inspirant profondément, le vieil homme croisa les mains et se redressa lentement.

 

- Pouvez-vous m’expliquer comment deux individus traqués par les moyens technologiques les plus performants du marché peuvent nous filer entre les doigts depuis des mois ?

 

- Je…

 

Mais l’officier fut aussitôt interrompu d’un geste de main agacé.

 

- Taisez-vous, je préfère encore ignorer les détails de votre incompétence. Sortez.

 

- Bien, Monsieur.

 

Il attendit que la porte se soit refermée pour balayer d’un revers de mains rageur les dossiers étalés sur son bureau.

 

Kayla… Il savait dès le départ que la filer serait une affaire délicate. Mais il ne pensait pas qu’elle réussirait à brouiller les pistes à ce point. Soupirant, il pressa un bouton. Un déclic se fit entendre et une voix s’éleva d’un interphone situé à sa droite.

 

« Oui, Monsieur ? »

 

- Où en êtes-vous, Pratt ?

 

Un léger silence s’installa avant que le vieil homme n’obtienne une réponse.

 

« Et bien…Il semblerait que nous ayons réussi à stabiliser la substance… »

 

Monsieur remercia son subalterne et se laissa aller contre le dossier de son siège. Un sourire malsain naquit sur ses lèvres.

 

« Profite de chaque seconde, Kayla. Qu’importe le temps que nous mettrons à te retrouver…Ta trop longue vie arrive enfin à son terme. »

 

 

 

 


 

 

 

Kayla se réceptionna souplement et foudroya son partenaire du regard.

 

- Tu pourrais pas faire un peu plus attention ? On est sensé être discrets, tu te rappelles ?

 

Alex se redressa et répliqua avec agacement :

 

- Ce n’est pas de ma faute si tu n’es pas fichue de contenir mes attaques. Tu n’es pas assez concentrée, tu fonces tête baissée et résultat, tu t’étales. Tu as envie de te faire tuer ou quoi ?

 

- La ferme ! Je n’ai pas besoin que tu me rappelles sans cesse à quel point tu m’es supérieur !

 

La fureur se lisait sur chaque trait de son visage sans qu’elle n’essaye de la dissimuler.

 

- Bon sang, que tu peux être stupide quand tu t’y mets !, cracha le jeune homme, Ça n’a rien à voir avec un quelconque sentiment de supériorité ! Je n’ai pas envie que tu te fasses tuer aussi connement !

 

Kayla le foudroya du regard. Un lourd silence s’installa entre les deux Vampires. Afin de ne pas « perdre la main » (dixit Kayla), ils passaient plusieurs heures à s’affronter dans une vieille cave de l’immeuble. Et chaque fois, l’ego de la jeune femme se trouvait malmené. Même si c’était une façon pour Alex de la protéger du danger qu’ils affronteraient bientôt, en la poussant à se surpasser.

 

Avant qu’il n’ait eu le temps de parer quoi que se soit, il se retrouva expulsé sur le sol poussiéreux, la jeune femme au dessus de lui, lui maintenant les bras immobiles sur le sol.

 

- Lorsqu’un corps L exerce une force sur un corps K, le corps K exerce sur le corps L une force directement opposée, esquissant un sourire, elle reprit : A qui reprochais-tu son manque d’attention, Luigi ?

 

Il rit légèrement et se redressa pour capturer ses lèvres.

 

 


 

 

 

Le sous-lieutenant Derville déglutit légèrement et s’éclipsa aussi rapidement qu’il put lorsque le vieil homme aux yeux de démon le congédia. Il lui arrivait souvent de se demander qui, de ces fameux Vampires ou de ce vieux fou, était le plus terrifiant.

 

Monsieur contempla un instant la mallette que Derville venait d’apporter. L’ouvrant avec mille précautions, il sourit et la tourna vers les généraux assis face à lui.

 

L’un deux avança une main et saisit délicatement son contenu.

 

- Faites attention, Dupontel, le matériau n’est pas parfait et sa manipulation mérite probablement une grande délicatesse.

 

Le dénommé Dupontel fit tourner le petit cylindre argenté entre ses doigts quelques instants avant de le reposer sur son support.

 

- Ainsi, cette chose minuscule nous débarrassera de cette raclure de Vampire ?

 

Monsieur sourit.

 

- Ce n’est qu’un prototype. Mais ce métal est théoriquement capable de détruire définitivement un Vampire.

 

- Encore faudrait-il qu’on les localise…

 

Le vieil homme appuya son menton sur ses doigts entrecroisés.

 

- Ce n’est qu’une question de temps, Morentini. Kayla et ses cinq siècles de vie ne seront bientôt plus assez puissants pour éviter les mailles de notre filet.

 

Mais plus le temps passait, plus Monsieur s’interrogeait. Ils avaient sans doute tord de se focaliser uniquement sur la femme. Ce garçon, Luigi…Qui était-il pour que Kayla prenne la peine de le garder près d’elle dans sa fuite ? Il ne possédait pratiquement aucune donnée sur lui. Et il savait parfaitement que c’était souvent de l’inconnu que venait le danger le plus grand.

 

 


 

 

 

-Où est Alex ?

 

La jeune femme leva les yeux vers lui.

 

- Parti faire un tour de reconnaissance. Pourquoi, tu as peur que je t’égorge ?

 

Raphaël grommela et alla se chercher un soda. Kayla le suivit du regard lorsqu’il alla allumer la télé, lorsqu’il se baissa pour ramasser quelques affaires qui traînaient, lorsqu’il retourna à la cuisine se préparer un sandwich, lorsque…

 

- Mais tu vas arrêter de me mater, oui ?, grinça-t-il finalement, ne pouvant plus supporter ses yeux trop bleus le suivant partout.

 

- Pas tant que tu n’auras pas craché le morceau.

 

Il la regarda avec incrédulité.

 

- Quoi ?!

 

- Tu n’es pas doué pour cacher tes sentiments. Surtout pas face à un Vampire. Alors tu vas me dire ce qui te préoccupe parce que te voir tourner en rond comme ça m’agace sérieusement. Et si tu oses me répondre qu’il n’y a rien, je t’arrache la tête.

 

Raphaël déglutit. Il avait tendance à oublier que la petite amie de son meilleur pote un peu froide, sadique et perverse sur les bords était avant toute chose le vampire le plus sanguinaire qui est sans doute jamais existé.

 

Renonçant à s’user à trouver la façon adaptée de présenter ses interrogations sous une forme convenable et appropriée, il lâcha :

 

- Pourquoi vous restez là ?

 

- Pourquoi ne resterions-nous pas ?

 

Raphaël but une gorgé de soda.

 

- Peut-être parce que toutes les polices du monde vous recherchent et que Monsieur se trouve sans doute à quelques rues d’ici…

 

Kayla sourit.

 

- Tu as ta réponse.

 

Devant l’air dubitatif du jeune homme, elle expliqua :

 

- On ne recherche pas son ennemi devant sa porte… Une stratégie vieille comme le monde mais sans doute la plus efficace contre des humains.

 

Un long silence suivit.

 

- Comment vous avez fait ? Pour les semer ?

 

Le Vampire s’étira longuement en lui tournant le dos.

 

- Ce petit prétentieux en costard fait le malin en croyant tout connaître sur les Vampires. Mais même toute la technologie moderne des humains ne peut pas grand-chose contre cinq siècles d’existence.

 

Elle se tourna vers lui.

 

- La nature m’a dotée d’une intelligence bien plus développée que la moyenne. Alors imagine ce que cinq cent ans d’existence ont pu m’apporter. De plus, j’ai eu tout le temps de me créer de nombreuses cachettes inviolables ou de nouer quelques contacts utiles.

 

Se levant pour se diriger vers la fenêtre, elle continua :

 

- Sans compter que Luigi n’était pas en reste. Il a passé cinq siècles à se cacher. Et bien que lui soit resté en Europe de l’ouest, je peux t’assurer qu’il a eu le temps d’en connaître tous les recoins. J’ai prévenu Monsieur. Nous ne sommes pas immortels pour rien.

 

Songeur, Raphaël murmura :

 

- Alors pourquoi tu as peur ?

 

La jeune femme sourit. Cet humain était vraiment étonnant.

 

- Il y a longtemps que je n’ai plus peur. Mais cette situation m’épuise, je dois l’avouer. Je n’ai pas la résistance de Luigi face au jeun.

 

Elle marqua une légère pause.

 

- Tout sera bientôt fini.

 

Sa voix n’était qu’un murmure.

 

- Je croyais avoir attendu ce moment toute ma vie. Mais je me rends compte que je m’étais trompée.

 

Elle soupira.

 

- Je ne veux pas mourir.

 

Raphaël la regarda avec perplexité. Il est vrai que la jeune femme semblait fatiguée depuis quelques jours, mais au point de virer dans le mélodrame…

 

- Tu te fous de moi ? Qu’est ce qui te prend à parler comme ça ? Depuis quand tu fais dans la guimauve ?

 

- Il n’en restera qu’un, Raphaël. La réalisation de la prophétie est inéluctable. Et celui qui restera, ce ne sera pas moi.

 

Raphaël s’apprêta à répliquer, mais la jeune femme se redressa brusquement et ouvrit la fenêtre. Alex se glissa à l’intérieur avec agilité.

 

- Rien à signaler ?

 

- Non. On a encore un peu de temps devant nous.

 

Se tournant vers Raphaël, puis vers la jeune femme, il fronça les sourcils.

 

- De quoi vous parliez ?

 

Kayla passa ses bras autour de son torse.

 

- De notre avenir.

 

 


 

 

 

Un coup de feu déchira le silence et un corps inerte s’écroula sur le sol.

 

Monsieur tendit l’arme encore fumante à un officier et s’avança vers le cadavre. C’était une jeune femme d’une vingtaine d’années. Ses cheveux courts noirs tranchaient avec ses yeux translucides, fendus de pupilles horizontales.

 

Se penchant vers elle, il effleura ses canines allongées du doigt.

 

Lorsqu’il se redressa, il laissa échapper un rire malsain. Croisant les mains dans son dos, il sortit de la pièce sans un regard de plus pour la femme qu’il venait de tuer.

 

- La Chasse peut commencer.

 

 

Par Xylo & Dracula - Publié dans : Immortels : les chapitres
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Dimanche 11 février 2007 7 11 /02 /Fév /2007 23:05



Inutile de hurler de joie ( mais si, mais si, je sais que vous hurler de joie dans ces moments là^^), ceci n'est pas le chapitre 16 !


Pour dire la vérité, die Dämonerin ( pour ceux qui parlent allemand, ne vous enflammer pas, je sais que ce mot n'existe, comme en français d'ailleurs,  absolument pas...et alors ? ^^), ou la Démonne pour les non germanistes^^, n'a pas encore commencé. Il existe donc pire que moi en terme de lenteur. Et oui.


En effet, l'inspiration, comme le disent si bien Baudelaire et d'autres génies de notre littérature, est particulièrement dure à atteindre. ( je n'irai pas jusqu'a dire que cela ne se fait que dans la douleur, car  tout poète génial qu'il était, Baudelaire était tout de même un peu pessimiste sur les bords...).


La seule chose à faire est donc d'attendre sagement que madame la Muse vienne rendre visite à ma chère co-auteure, en la priant de se bouger un peu les fesses au passage ( N'y voit aucune menace, démonette^^), et de me presenter Tribal-man dans la foulée...(...le ridicule ne tue pas, heureusement ou je serai déjà loin de ce monde....)
je sens que je m'égare, là...


Tout ça pour préciser qu'on est toujours en vie, et qu'on ne vous a pas lâchement abandonné !
Bonne soirée, gans de toutes races....


l'Ange



Par Xylo & Dracula - Publié dans : l'Ange et la Démone : messages persos
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